Vous trouvez ci dessous une proposition de texte sur la formation professionnelle que j’ai rédigé au titre du groupe faire l’avenir sur la formation professionnelle pour le congrès du MJS de Grenoble de ce week end. Ce texte n’a pas été retenu par l’équipe majoritaire mais pose les bases d’un débat sur ce thème.
Pour un service public de la Formation Professionnelle
I. Le tourbillon de la crise.
Chaque année, c’est environ 150 000 jeunes qui sortent du système éducatif sans diplôme dont 60 000 sans aucune qualification (source Insee).
Aujourd’hui, trouver du travail sans qualification professionnelle et sans expérience préalable est loin d’être facile. Ce sont d’ailleurs les jeunes sans qualification qui souffrent le plus, tout particulièrement en cette période de crise.
Malgré trente ans de politique de l’emploi n’y font rien: le taux de chômage des 15-24 ans en France se maintient à plus de 19%, soit plus de 7 points au-dessus de la moyenne des autres pays riches, selon l’OCDE. En parallèle la crise menace de nombreux emplois. Le plus souvent, les ouvriers sans réelle qualification sont fortement touchés. Ces ouvriers parfois proches d’une retraite bien méritée se retrouvent sans emploi et doivent apprendre un nouveau métier.
II. Vers la privatisation du service public de l’emploi.
Le chômage est en forte croissance. Dans ce contexte, il est évident que la politique de l’emploi et de la formation professionnelle sont indissociables afin de répondre aux besoins d’insertion par l’emploi.
Alors que le chômage a progressé de 24% depuis le début de l’année, la droite s’attèle à démolir le service public de l’emploi. Plutôt que de réformer l’ANPE et les ASSEDIC, Nicolas Sarkozy a décidé dans la précipitation d’une fusion inappropriée compte tenu du contexte économique et sociale. Les conseillers professionnels qui ne devaient gérer que 60 dossiers se retrouvent avec plus de 100 voire 200 aujourd’hui! Ces mêmes conseillers professionnels doivent encadrer les demandeurs et les accompagner sur les choix de métier. La droite privatise le service public de l’emploi en ne donnant pas les moyens au Pôle Emploi de ses ambitions. Par la logique d’appel d’offres, l’agence de l’emploi fait appel à des agences d’intérim pour traiter le flux de chômeurs de plus en plus nombreux. Notre service public est sous traité à des entreprises dont le métier n’est pas l’insertion économique et sociale de l’individu mais plutôt la recherche d’un profit financier.
Pourtant au vu des chiffres du chômage, les jeunes, mais aussi les catégories les plus exposées face à la crise – les personnes issues des quartiers les plus populaires, les ouvriers – ont besoin d’un accompagnement quotidien qui peut aller vers l’acquisition de compétences professionnelles pour une meilleure insertion.
III. La Formation Professionnelle, un levier en temps de crise.
Il existe l’apprentissage au lycée, des missions locales, ou l’école de la deuxième chance mais la multiplication des structures entrainent la multiplication des échecs des jeunes sans qualification. Trop nombreux sont les jeunes qui passent à travers les mailles d’une formation qualifiante !
La formation professionnelle a longtemps été reconnu comme d’intérêt général, or l’État s’attache aujourd’hui à casser les outils de cette formation (GRETA, AFPA). Plutôt que de déstructurer ces organismes et de les fragiliser par leurs démantèlements, nous devons défendre leur intégration dans un service public de l’emploi global.
Au même titre que le service public de l’éducation nationale, nous jeunes socialistes, défendons un service public de la formation professionnelle et de l’orientation, cohérent et efficace.
Cet enjeu primordial doit permettre une insertion facilitée dans l’emploi. Trop souvent, les jeunes qui ont connu l’échec scolaire voient en l’école de la 2ème chance ou l’apprentissage, une manière de retourner à l’école. Il est possible de les former à un emploi sans pour autant rappeler le schéma de l’éducation. Des professionnels peuvent aider ces jeunes ou individus sans qualification à aller vers un métier. C’est par cette voie que nous arriverons à endiguer le chômage de masse qui frappe les plus jeunes comme les moins qualifiés.
De plus en cette période d’accroissement des licenciements économiques, un service public de la formation professionnelle permettrait à de nombreux chômeurs d’accéder à une nouvelle qualification en correspondance avec leurs besoins et leurs envies.
Avec un service public de la formation professionnelle et de l’orientation les salariés, chômeurs et jeunes pourraient miser sur une reconversion, un emploi en adéquation avec leurs compétences. Un chiffre éclairant : 70% des chômeurs suivants une formation qualifiante retrouve un emploi dans les 6 mois. Prenons le pari de l’insertion par l’emploi.
L’élévation du niveau de qualification doit devenir un enjeu central de la politique du service public de la formation professionnelle.



